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(Cette page sera régulièrement réactualisée)

Lexique
Figures

Remarques préliminaires :
  • Ce lexique est uniquement destiné à aider les étudiants de l'ICART dans l'approche de thèmes iconographiques dont une grande partie, surtout au moyen âge, sont de culture chrétienne. Ils ne représentent donc pas une opinion personnelle et n'infèrent en rien une adhésion aux idées qu'ils véhiculent. En particulier, le moyen âge a une culture antijudaïque (mais non antisémite) qui n'est plus celle de l'Église moderne et qui n'a jamais été celle de l'auteur de ces pages.
  • Ce lexique sera complété au fur et à mesure des cours et des besoins qui se feront sentir. Il ne constitue pas un complément au cours et n'est pas en soi matière d'examen.

Lexique

AaronAaron : frère de Moïse, premier grand prêtre d'Israël. Ses attributs font référence à ce choix. Les bâtons des douze princes ("premiers" de chaque tribu) ayant été déposés sur l'autel, seul le bâton d'Aaron a reverdi. Aaron porte un bâton bourgeonnant, la tiare des prêtres et le pectoral des grands prêtres. (détail de la maison de Pilate, Oberhammergau, photo J.C.B.)

Albarel
: pot à pharmacie au départ cylindrique, taillé dans une branche d'arbre (d'où son nom, calqué de l'italien albarello).
AlbarelLorsqu'il sera fabriqué en céramique, il prendra la forme enflée d'un cruchon sans anse. Il est destiné à recevoir des onguents. C'est donc l'attribut des pharmaciens (en particulier de saint Damien, leur patron), des saintes femmes venues au tombeau embaumer le Christ, et surtout de Marie-Madeleine, en souvenir du repas de Béthanie, durant lequel elle versa un parfum de nard très précieux sur la tête du Christ (Mt 26, 6-13 ; Mc 14, 3-9). Ce geste, destiné à racheter ses péchés par un don précieux, a été considéré comme l'onction prophétique qui fait de Jésus le Messie (Messiah en hébreu, Christos en grec, Unctus en latin ont la même signification : "oint").

Allégorie, symbole, attribut
, exemple, emblème : diverses manières de représenter des idées abstraites ou d'identifier des personnages.
Selon l'analyse classique d'
Henri Corbin, "L'allégorie est une figuration plus ou moins artificielle de généralités et d'abstractions qui sont parfaitement connaissables et exprimables par d'autres voies." Il s'agit le plus souvent d'une figure féminine (donc qui ne porte pas de signification par elle-même) qui prend sens selon les attributs qu'elle porte (une femme portant une ancre est l'allégorie de l'Espérance). L’allégorie est arbitraire (l’attribut est conventionnel) et univoque (elle a une interprétation unique).
"Le symbole est l'unique expression possible du symbolisé, c'est-à-dire du signifié avec lequel  il symbolise. Il n'est jamais déchiffré une fois pour toute. " Selon son étymologie, le symbole est la partie visible d'une réalité immatérielle avec laquelle il forme un tout indissociable (le symbolon servait souvent de tessère d'hospitalité : un objet brisé en deux permettait à un hôte de reconnaître un visisteur qu'il ne connaissait pas, mais qui produisait la partie brisée du tessère). Le symbole n'est donc que la moitié visible dde la réalité et forme avec elle un tout indissociable (le chien et la fidélité). Il porte donc sens par lui-même. Le chien est le symbole de la fidélité ; le pélican ressuscitant ses petits est le symbole de la Charité, mais aussi du Christ...
Associé à une allégorie, un symbole devient souvent un attributs et sa signification se fige. Un pélican surmontant une figure féminine est l'attribut de la Charité dans l'allégorie de Bruegel. Le coq , les clés... sont des attributs de saint Pierre, mais ils ne sont pas des symboles de saint Pierre.
L'exemple est la représentation d’une entité abstraite par une scène (épisode historique, légendaire, quotidien...) la mettant en œuvre.
L'emblème est la représentation d'une idée abstraite sous forme d’une allégorie accompagnée d'une légende en forme de sentence. On appelle aussi emblème un attribut détaché d’une allégorie, qui donne l'identité d’une personne ou d’un groupe.

Alliance : voir Testament

Ammonitore : voir embrayeur visuel.

Analyse : voir Description
Anaxyrides
Anastasis ("montée") : dans l'art chrétien oriental, le terme désigne la résurrection du Christ. Dans l'art chrétien occidental, il désigne plutôt la descente du Chrsit aux limbes des enfers. Le sujet, né dans l'art oriental (VIe s.), illustre un passage de l'évangile apocryphe de Nicodème (IIe - IVe s.). Deux ressuscités, Carinus et Leusius, racontent comment le Christ est venu les délivrer entre le jour de sa mort (le vendredi saint) et celui de sa résurrection (le dimanche de Pâques). Il s'inscrit dans le thème universel de la descente d'un dieu ou d'un héros aux enfers. Armé de la croix de la Résurrection (alors que pour les théologiens, il n'est pas encore ressuscité), le Christ tire Adam par le poignet (voir restitutor) et marche sur les portes de l'enfer en écrasant Satan (parfois disposées en croix). Il plante croix dans gueule de Léviathan. . 

Anaxyrides : pantalons orientaux des mages (iraniens), collants, ou resserrés aux chevilles, souvent bariolés. (Ravenne, Sant'Apollinare Nuovo, mosaïque du VIe siècle)

Aniconique : d'où la figure humaine est exclue.

Ancien Testament : partie de la Bible qui traite de l'histoire du monde depuis sa création et du peuple hébreu jusqu'au IIe s. av. JC. environ, selon les livres canoniques*. 39 livres (compte large) conservés en hébreu et dix livres conservés en grec (deutérocanoniques*)

Apocryphe : se dit d'un texte qui ne porte pas la signature de son auteur, attribué faussement à un auteur. En particulier, se dit d'un  texte qui a été rejeté du canon*, donc sur l'authenticité duquel on n'a pas voulu se prononcer. Cela ne signifie pas que son contenu est contesté.

Apôtres : les douze disciples du Christ dans le Nouveau Testament. Après la trahison de Judas, un douzième est élu (Matthias), mais dans les représentations, on lui préfère souvent Paul, "l'Apôtre des Nations". Deux (Matthieu et Jean) sont aussi des évangélistes.

Arbre de Jessé : JesséArbre de Jessé : thème iconographique apparu au XIe siècle d'après une prophétie d'Isaïe et une analyse de Tertullien (IIe siècle). Il représente, sous la forme d'une arbre, la généalogie du Christ issue de la "souche" de Jessé (père de David). Il peut compter jusqu'à 27 personnages, dont 15 rois de Juda, jusqu'à Joseph, "époux de Marie, mère de Jésus". La Vierge apparaît comme la "fleur" de cet arbre dont le Christ est le fruit. Les colombes qui l'entourent représentent les 7 dons du saint Esprit selon la prophétie d'Isaïe (11, 1) : "Puis un rameau sortira du tronc de Jessé, et un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Eternel reposera sur lui : l'Esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. Il respirera la crainte de l'Eternel (= la piété)." (vitrail de Notre-Dame de Chartres, XIIe siècle,  détail : Jessé endormi, le menton sur la main, coiffé du bonnet pointu des juifs, a la vision, symbolisée par la lampe et la tenture écartée, d'un arbre, sortant ici d'entre ses cuisses)

Arrière-plan : voir fond.

Ascendance : l'ensemble des ancêtres (à l'inverse de la descendance, ensemble des générations postérieures). L'ascendance davidique désigne le fait de compter David parmi ses ancêtres.

Attribut : voir allégorie.
Aumusse
Aumusse : Tissu ou fourrure qui peut être posé sur la tête (par exemple pour supporter une couronne) ou servir de coiffe (dessin) (photo). Dans ce cas, retombant derrière les épaules et empesée derrière la tête, elle est caractéristique du chanoine.

Bible : en grec, biblia est le pluriel de biblion, "livre". La Bible est un ensemble de livres constituant le canon* des religions hébraïque, catholique, protestantes, orthodoxe. On y distingue l'Ancien* Testament et le Nouveau* Testament.

Bible des pauvres (Biblia pauperum) : bibles destinées non pas aux "pauvres", qui ne peuvent pas lire, mais aux "pauvres clercs" et étudiants, qui ne peuvent en acheter une complète. Elles contiennent la vie du Christ mise en parallèle avec les prophéties et les scènes de l'Ancien Testament : une scène du Nouveau Testament correspond systématiquement à deux typologies de l'Ancien Testament et à quatre prophéties. Cette répartition correspond aux trois grandes lois (loi naturelle et loi de Moïse dans l'Ancien Testament, nouvelle loi) et aux trois âges du monde (Sub natura, sub lege, sub gratia). Mais on peut y voir un symbolisme numérique souvent explicité à l'époque médiévale : une seule vérité (le Verbe) reposant sur les deux colonnes du Temple, soit une vérité trinitaire (3, Dieu dans son Temple), et répartie dans les quatre directions du monde (4, nombre de la terre, de la matière, des évangélistes), soit 7 scènes (nombre de la complétude). Ces bibles apparaissent dans le dernier quart du XIIIe siècle et sont ilustrées à partir XVe. D'autres livres de même nature apparaissent à la même époque et ne doivent pas être confondus avec les bibles des pauvres (bibles moralisées, Speculum humanae salvationis...).

Brigitte de Suède (sainte) : de famille royale, veuve à 46 ans en 1347, elle se rend à Rome et en Terre sainte, où elle a des visions publiées en 1370. Celles-ci auront notamment une grande influence sur les représentations de la Nativité. Elle a aussi fondé l'ordre du Saint-Sauveur et est patronne de la Suède.
Cale
Cale : petit bonnet très courant au moyen âge, de lin, de soie, de gaze (ci-contre)... le plus souvent blanc, qui retient les cheveux et se noue sous le menton. Il est porté seul ou sert de support à un chapeau ou à une couronne. Ses dérivés calot, calotte sont restés d'usage.Benoît XVI

Camauro : bonnet de velours ou de satin, plus correctement : cameluccio (en latin : camelacium, parce qu’en poils de chameau à l’origine). C'était au départ une coiffure de moine, attestée dans l’iconographie au IXe siècle. Mais elle est réservée au pape à partir de 1464 et portée jusqu’à Pie VI. Fréquente dans l'iconographie pontificale entre le début du XVIe s. et la fin du XVIIIe s. Elle apparaît encore sporadiquement jusqu’à Jean XXIII. Benoît XVI l'a remise à l'honneur en 2005 (ci-contre). Aux XVIe-XVIIe, une variante, la clémentine, est fort à la mode, mais elle est parfois considérée comme une autre coiffe, puisque Clément X portait en même temps la clémentine et le camauro.

Canon : en grec, le mot signifie "roseau" (cf. canne à sucre, "roseau qui produit du sucre"), canne, règle (parce que le roseau est droit)... Au figuré, le canon désigne une liste d'ouvrages reconnus par une autorité (p. ex. : le canon alexandrin, liste d'auteurs classiques dressée par les grammairiens d'Alexandrie).

Canoniques (livres) : dans la Bible, se dit des livres retenus par une autorité religieuse  (catholique, protestante, orthodoxe, juive...) pour la version officielle. Le canon catholique est celui du synode romain de 382, confirmé par le concile de Trente en 1546.

Chaperon : couvre-chef très fréquent entre le XIIe et le XVIe siècle. C'est une sorte de cagoule composé de trois parties : le guleron, qui recouvre la gorge et les épaules, la visagière, qui recouvre la tête et qui peut également recouvrir le visage, la cornette (ou coquille), longue queue pendant dans le dos. Le chaperon se porte de multiples manières. Lorsqu'il est enfilé, la visagière est le plus souvent ramenée vers l'arrière pour laisser voir le visage; elle le recouvre lors des deuils (les pleurants des tombeaux en donnent un exemple classique). La cornette peut se porter dans le dos, ramenée sur l'épaule, enroulée... Au XVe siècle, on porta beaucoup le chaperon sans l'enfiler, le guleron formant au échafaudage élégant au-dessus de la tête.

Croix : la croix latine (crux immisa) est composée du stipes (poteau vertical) et d'au moins une traverse (patibulum, où sont fixés les bras du crucifié). On peut y trouver un titulum (inscription portant le nom du condamné et le motif de sa condamnation), un suppedaneum (planche où sont cloués les pieds) et exceptionnellement un sedile (planchette qui permet de s'asseoir).
Mausolée
Croix de gloire (parfois appelée sphragis, "sceau") : croix triomphale, qui fait allusion au signe de Dieu qui apparaîtra dans le ciel à la fin des temps, ou à la signature de Dieu (d'où son nom de sphragis) tracée sur le front des élus chez Ezéchiel et dans l'Apocalypse attribuée à Jean. Les croix gemmées (ornées de pierres précieuses) véhiculent le même symbole. Ci-contre : mausolée de Galla Placidia à Ravenne (mosaïque du Ve siècle) : la croix apparaît dans les cieux à la fin des temps pour la résurrection de la princesse.

Croix patibulaire (parfois appelée stauros) : gibet du Christ.

Dalmatique : tunique à manches larges, qui fut celle des empereurs romains ou des rois de France. Comme vêtement liturgique, elle se reconnaît aux deux échancrures sur les côtés. Elle fait partie des vêtements liturgiques revêtus par l'évêque ou le pape durant la messe, les jours de fête (sous la chasuble) mais, portée comme vêtement de dessus, elle est caractéristique des diacres (dessin) (photo).

David : roi d'Israël (royaume unifié) beau-fils de Saül, père de Salomon. On le reconnaît à sa harpe (il est l'auteur des Psaumes). Aux côtés de Salomon, c'ést généralement le plus vieux. Parmi les épisodes qui ont pu inspirer l'iconographie, le combat contre Goliath est le plus connu (il abat le géant avec sa fronde).

Description, analyse, interprétation : Panofsky (Essais d'iconologie, 1939) distingue trois étapes dans l'interprétation de l'œuvre d'art :
- Description pré-iconographique qui décrit les motifs indépendamment de leur signification. Elle fait appelle aux données sensorielles (essentiellement visuelles) pour décrire les éléments de la représentation avec un vocabulaire précis. Elle demande donc une connaissance générale issue d’une culture commune. Elle peut s’appuyer sur une comparaison interne avec d’autres éléments de la représentation.
- Analyse iconographique qui déchiffre les motifs selon leur signification traditionnelle. Elle fait appel à une expérience personnelle, qui identifie les éléments décrits grâce aux connaissances de l’analyste. Elle peut faire appel à la comparaison externe avec d’autres représentations issues du même milieu, de la même époque… Elle identifie des éléments perturbateurs (écart formel) qui s’écartent du traitement habituel.
- Interprétation iconologique qui voit dans l'œuvre le témoin des valeurs symboliques d'une civilisation. Elle tente d'analyser l'art dans sa relation dynamique avec la société qui l'a produit, de reconstituer un contexte qui dépasse les connaissances personnelles et nécessitent une recherche. Elle fait appel à des informations extérieures, figuratives ou écrites, contemporaines ou issues des travaux de chercheurs.

Déterminants : Termes (ou expressions) qui précisent les caractères distinctifs d’une figuration (en particulier d’un personnage). Leur but est d’aider à la recherche thématique, en particulier dans les bases de données informatisées. Ils ne se confondent pas avec une description préiconographique. Ils ont été définis par François Garnier (Thésaurus iconographique, système descriptif des représentations, Paris : Le Léopard d’Or, 1984)
Quatre grands types :
1)    Déterminant de position : il détermine l’attitude du personnage par rapport à lui-même : position du corps (assis, couché...), position des membres (bras levé, en flexion...)
2)    Déterminant de situation : il détermine la place du personnage dans le tableau : Situation formelle (en médaillon, en avant-plan, en arrière-plan, en abîme...), situation matérielle (intérieur, extérieur, dans les airs...)
3)    Déterminant de signification : il détermine le sens particulier donné à un personnage : Relation thématique ( appartenance à un cycle narratif, volet d’un polyptyque, scène allégorique, scène de genre, nature morte…), Finalité (comique, instructive, moralisante,...), Manière (à l’antique, à l’orientale, académique…), Vraisemblance (réaliste, anachronique, de fantaisie…). A manier avec précaution (l'humour de l'un n'est pas celui de l'autre...)
4)    Déterminant d’exécution : essentiellement pour les portraits (ad vivum, rétrospectif, imaginaire)
 
Deutérocanoniques : dix livres de l'Ancien Testament conservés en grec, rejetés des canons* hébraïque et protestant, et accepté des canons catholique et orthodoxe.

Dis (Dité) : nom donné par Dante à une cité des enfers (Divine Comédie, Enfer, chant VIII, v. 68) au-delà du Styx : « S’appressa la città ch’ha nome Dite » (« Nous approchons de la ville qui se nomme Dis (Dité) »). Dante et Virgile y sont conduits sur la barque de Phlégias (ne pas confondre avec Charon, qui fait traverser l'Achéron, non le Styx). La ville, avec ses dômes ("mosquées") et ses murailles rougeoyantes, se retrouve dans les représentations de l'enfer à la fin du Moyen Age. On a pris l'habitude de désigner ces châteaux embrasés sous le nom de Dis, même si le rapport avec Dante est loin d'être établi.

Dismas (Dysmas) : le "bon larron", crucifié à droite du Christ (gauche du spectateur). Il a les jambes brisées (cf. Longin), regarde vers le Christ ou vers le ciel,. Son âme est recueillie par un ange.

Double mimésis :  figure de style consistant en l’imitation (mimesis) simultanée des formes de la nature et d’autres formes artificielles ou humaines (exemple : un rocher évoquant une tête humaine). La mimésis (imitation) est la tendance artistique qui consiste à considérer que l’art doit imiter les formes de la nature, dans une ressemblance stricte. La double mimésis redouble cette imitation en donnant aux formes de la nature la ressemblance d’autres formes (le plus souvent humaines). Le regard du spectateur est invité à trancher entre les deux éléments en fonction de la signification qu’il veut donner à l’œuvre. S’il remarque la double mimésis, l’interprétation d’un des deux éléments influencera nécessairement l’interprétation de l’autre. La double mimésis joue sur la paréidolie, tendance naturelle à retrouver dans des objets des formes qui lui sont étrangères (un oblet dans un nuage...).

Écart formel : élément d'un thème ou d'un sujet qui n'appartient pas à sa tradition iconographique. La définition de la figure de style comme écart est contestable, mais utile à l'analyse. Elle isole dans un thème ou un sujet des éléments caractéristiques (que l'on retrouve traditionnellement dans les autres représentations du même thème ou sujet) et les éléments perturbateurs (qui s'écartent de la tradition). Ces écarts sont significatifs et permettent d'approfondir l'analyse ou l'interprétation.

Église : allégorie opposée à la Synagogue depuis le IXe siècle. C'est l'assemblée des chrétiens, représentée sous les traits d'une femme couronnée, tenant l'étendard de la résurrection, les espèces eucharistiques (hostie et calice)...

Emblème : voir allégorie.

Embrayeur visuel (ammonitore), figure de bord : « Personnage placé au premier plan, de biais ou carrément de dos, et qui assiste à la scène. L’embrayeur visuel sert de relais entre le spectateur (spectateur du tableau, spectateur au théâtre, lecteur) et la scène proprement dite (l’espace restreint). » (Stéphane Lojkine). Le procédé est théorisé par  Alberti (De pictura, 1435) : « Il est bon que dans une histoire il y ait quelqu’un qui avertisse les spectateurs (ammonitore) de ce qui s’y passe ; que de la main il invite à regarder ou bien, comme s’il voulait que cette affaire fût secrète, que par un visage menaçant ou des yeux farouches, il leur interdise d’approcher, ou qu’il leur indique qu’il y a là un danger ou une chose digne d’admiration, ou encore que, par ses gestes, il t’invite à rire ou à pleurer avec les personnages. » Il peut aussi s'agir d'un objet inanimé surprenant ou symbolique (des oeufs cassés) ou d'une partie du décor (mur séparant deux éléments d'une même scène). Nous regardons la scène indirectement, par le filtre interprétatif de l'embrayeur visuel, « à travers un obstacle qu’il nous aide à franchir » (Lojkine). Louis Marin parlait de figure de bord pour désigner des personnages figurés comme des spectateurs au bord du tableau, dont la fonction est de suggérer comment regarder le sujet, par le regard qu’ils portent sur le tableau. On utilise aussi ce terme pour désigner un objet placé en bordure du tableau, soit au niveau du cadre, soit « au bord » illusoire de la figuration, sur la surface conventionnelle du tableau. Une mouche, un escargot peints en trompe l'oeil, à taille réelle, qui semblent posés sur le tableau sans appartenir au sujet représenté, peuvent être qualifiés de figures de bord. Dans les définitions qui leur ont été données par leurs concepteurs, les trois termes sont fort proches. Dans leur emploi courant, on les distingue cependant. L'ammonitore est un cas particulier (il s'applique à un personnage) de l'embrayeur visuel (on utilise souvent le terme pour tout personnage, animal, objet... qui  fait le relais entre le spectateur et le tableau). La figure de bord n'est pas nécessairement porteuse de sens, il peut s'agir d'une coquetterie d'artiste.

Érinyes : divinités grecques de la vengeance, nommées par euphémisme Euménides (les bienveillantes), assimilées aux Furies romaines. Attributs : fouets, serpents, torches, cheveux mêlés de serpents...

Eschatologique : qui concerne la fin des temps (du grec eschatos, dernier)

Eucharistiques (espèces) : le pain (hostie) et le vin consacrés lors de la messe et contenant selon le dogme de la transsubstantiation la chair et le sang du Christ.

Evangéliaires (ou lectionnaires) : livre liturgique contenant les quatre Evangiles placés dans l'ordre  des lectures aux offices de l'Eglise (commençant par la leçon de Jean, lue le jour de Pâques).

Évangélistes : auteurs des quatre versions de l'Évangile retraçant la vie du Christ. Deux (Jean et Matthieu) sont aussi des apôtres; deux (Luc et Marc) n'ont pas connu le Christ. Leurs symboles sont adaptés des quatre "vivants" d'Ézéchiel : l'homme (ou ange) pour Matthieu; le bœuf (ou taureau) pour Luc; le lion pour Marc; l'aigle pour Jean.

Exemple : voir allégorie.

Figure de bord : voir embrayeur visuel.

Fond, support, réserve, arrière-plan : une scène ou un personnage se dégagent sur d'autres éléments, neutres, décoratifs ou signifiants :
- le support est l'élémnt matériel (parchemin, toile, panneau de bois...) sur lequel est figuré le thème ou le sujet. Il peut être brut ou apprêté (badigeon, levka des icônes russes, mélange de colle et de poudre d'albâtre...). Il n'est en principe pas signifiant, mais dans certains cas (notamment la réserve), il peut être chargé par l'artiste de signification.
- le fond est une couleur uniforme ou un motif géométrique sans rapport avec le sujet. En général, il n'est pas signifiant, c'est l'équivalent spirituel de l’apprêt matériel. On distingue le fond perdu, abyssal (Abgrund, couleur unie, infinie) et le fond solide (Grund, motifs géométriques, patterns, figures décoratives répétées à l’infini...).
- l’arrière-plan est un motif figuratif, sur lequel s’appuie le sujet pour ne pas se perdre dans le fond ou le support.  Il fonctionne comme un décor, plus ou moins signifiant, mais identifiable et analysable. Des plans intermédiaires peuvent s’y ajouter.
- La réserve : le terme vient du vocabulaire de la sculpture : on désigne ainsi le relief en méplat (taillé en réserve ou en épargne, en creusant le support tout autour du motif). Un dessin en réserve utilise le support pour motif : celui-ci se détache alors sur le fond coloré. Le support (feuille de papier...) devient alors signifiant. Le procédé est par exemple utilisé par Stéphanie Nava dans les dessins de la série Luftgebaüde  : l’absence de matière définit un personnage dépourvu d’intériorité, sans psychologie, dominé par le monde opaque ambiant...

Furies : les Romains ont identifié leurs Furies aux Érinyes grecques, ces déesses de la vengeance qui tourmentent les coupables tant qu'ils n'ont pas été purifiés rituellement. Les Grecs, pour ne pas avoir à prononcer leur nom, les appelaient par antiphrase Euménides (= "les Bienveillantes"). Elles sont représentées avec des torches et des serpents dans les cheveux.

Fleuves des enfers : le Styx (sur lequel les dieux prêtent serments; ses eaux rendent invulnérable), l'Achéron (et son passeur Charon), le Cocyte (fleuve des lamentations), le Pyriphlégéton (fleuve de feu). Le Léthé est la source de l'oubli (mythologie gréco-romaine).

Gestas : le "mauvais larron", crucifié à gauche du Christ droite du spectateur). Il a les jambes brisées (cf. Longin), se détourne du Christ ou vers le sol,. Son âme est recueillie par un diable.

Harpyes : dans la mythologie grecque, monstres infernaux, oiseaux rapaces à tête de femme, qui enlèvent les enfants et les âmes.

Hédroit : fébvresse (forgeronne) qui a forgé les clous destinés à la crucifixion du Christ, qu'aucun homme ne voulait forger.

Houlette : bâton de berger. Courbé à l'extrémité, il permet de rattraper les brebis par la patte; terminé par une spatule, il permet de les viser avec une petite motte de terre pour leur signaler qu'elles s'éloignent du troupeau.

Iconographie sérielle et relationnelle : approche promposée par Jérôme Baschet (L’iconographie médiévale, Gallimard, 2008). Par l'étude de vastes séries d’images ayant le même thème, l’analyse sérielle n’invite pas à une analyse quantitative, mais à « pousser l’étude des œuvres singulières, en fonction des interrogations que le traitement statistique fait apparaître ». L’iconographie sérielle est nécessairement relationnelle : l’image ne prend pas son sens en elle-même, mais dans un réseau de relations iconiques. Jérôme Baschet espère ainsi dépasser la dichotomie sens/forme. La forme n’a pas un sens en soi, mais « les écarts formels peuvent produire du sens », dans un contexte spécifique.

Iconologie : (Ripa, 1593) : connaissance des attributs des personnages ou des allégories (la Prudence a deux visages, tient un miroir et un serpent; saint Pierre a des clés et un coq...)
(Warburg, 1912; Panofsky, 1939) : étude des structures sociales, culturelles... qui permettent d'interpréter les images selon les critères de l'époque qui les a produites. La description pré-iconographique décrit les motifs indépendamment de leur signification. L'analyse iconographique déchiffre les motifs selon leur signification traditionnelle. L'interprétation iconologique voit dans l'œuvre le témoin des valeurs symboliques d'une civilisation. Voir Description

Interprétation : voir Description

Jourdain : le fleuve divinisé (ou les deux sources Jour et Dain) apparaît dans les représentations anciennes du Baptême du Christ. Il se reconnaît à l'urne renversée (symbole de la source), à ses cornes en forme de pinces de crabe, à son sceptre en forme de roseau ou de rames... Il fait un geste d'étonnement, adore le Christ ou s'enfuit. Il symbolise la purification des eaux par le Christ qui, n'étant pas soumis au péché originel, n'a pas besoin d'être baptisé.

Lancette : verrière étroite et très haute, en forme de "lance".

Léviathan : Monstre biblique issu du livre de Job, et dans lequel la critique biblique a vu un souvenir amplifié du crocodile : "vas-tu le pêcher à l'hameçon" demande Dieu à Job (42, 25). L'image a été associée à l'anastasis (descente du Christ aux limbes) puis à la gueule de l'enfer. Grégoire le Grand (VIe-VIIe siècle) voit dans la pêche au Léviathan une allusion à la victoire du Christ sur Satan. Avalé par la mort (comme l'appât), il a "franchi sa double denture, forcé les battants de son mufle" avec l'hameçon de la croix, ce qui a permis à Dieu de "pêcher" le monstre et de vaincre ainsi la mort et le démon. La description du Léviathan a influencé les représentations de l'enfer : "de sa gueule partent des éclairs, des étincelles de feu s'en échappent, une fumée sort de ses naseaux, comme d'une marmite bouillante ou d'un chaudron. Son haleine embrase les braises, de sa gueule sortent des flammes". La marmite de l'enfer pourrait trouver ici son origine. La gueule d'enfer apparaît vers 800 sur un ivoire anglais et se développe au Xe siècle dans la réforme monastique anglaise. Elle devient la forme la plus fréquente de l'enfer durant tout le moyen âge et reste sporadiquement dans l'iconographie jusqu'aujourd'hui.

Longin : soldat romain qui perce de sa lance le flanc droit du Christ. Il reconnaît ainsi que le Christ est mort (de l'eau et du sang sortent de son flanc) et lui évite d'avoir les jambes brisées, comme cela sera fait aux larrons pour hâter leur mort. Longin est représenté comme un soldat vieux et aveugle, dont il faut guider la main. Du sang du Christ éclabousse ses yeux et lui rendent la vue (symbole de conversion).

Lutrin : meuble destiné à déposer un livre pour en permettre la lecture.
Croisette
MaphorionMaphorion : grand manteau bleu nuit que porte la Vierge. Il porte traditionnellement trois étoiles (une sur le front, une sur chaque épaules) correspondants aux points du signe de croix et symbolisant la triple virginité (avant, pendant et après l'accouchement). Des croisettes (petites croix sous forme de cinq points disposés en quinconce) peuvent prendre la place des étoiles.

Melchisédech : Roi et prêtre de Salem (Jérusalem ?), qui donne à Abraham le pain et le vin en échange de la dixième partie (la dîme) de son butin. L'épisode est devenu une typologie de la Cène (partage du pain et du vin). Melchisédech est le modèle du messie eschatologique. Dans l'iconographie, outre le pain et le vin (dans un calice), il porte à la fois la tiare des prêtres et la couronne des rois.

Mélote : tunique en poils étroite et courte, portée par les bergers et les prophètes. Jean Baptiste a traditionnellement une mélote en poils de chameau.

Mer d'airain : énorme réservoir d'eau, en bronze, soutenu par douze taureaux, placé devant le temple de Jérusalem et servant aux ablutions rituelles. C'est une préfigure du baptême du Christ (les douze taureaux symbolisant les douze apôtres).

Messie : l'hébreu "Messiah" (Messie), le grec "Christos" (Christ) et le latin "Unctus" (Oint) traduisent la même notion :  celui qui a reçu l'onction, l'huile consacrée. Dans l'ancienne loi, pouvaient la recevoir : le roi, le prêtre, le prophète (cette dernière onction discutée). Tous ces personnages peuvent être appelés "messies". Le Messie, peu à peu, a désigné un personnage à venir, qui restaurerait la royauté d'Israël (messie royal), la religion dans toute sa pureté (messie sacerdotal) ou qui ferait justice à son peuple à la fin des temps (messie eschatologique). David est le modèle du messie royal (qui doit être d'ascendance davidique); Aaron, frère de Moïse, du messie sacerdotal; Melchisédech, du messie eschatologique. Pour les chrétiens, le Christ est le Messie et assume les trois fonctions messianiques : roi (mais sa royauté n'est pas de ce monde), prêtre (qui restaure la religion dans sa pureté primitive), et juge (à la fin des temps). Il en assume aussi une quatrième, l'athlète, dans sa lutte contre le mal.

Mitre : Coiffure liturgique des évêques et des archevêques, qui peut être également portée par certains abbés (abbés mitrés) (dessin) (photo). Le pape la porte en tant qu'évêque de Rome, indépendamment de la tiare, qui n'est pas une coiffure liturgique. [Elle est attestée depuis le Xe siècle, mais sa forme se distingue de celle de la tiare à partir du XIIe siècle. C'est au départ un bonnet souple maintenu par un bandeau. Le pli qu'elle forme est caractéristique à partir du XIIe siècle; il prend la forme de deux cornes symbolisant les deux Testaments. Le cordon qui les réunit au sommet signifie la parfaite connaissance des deux Testaments par l'évêque. Ces cornes deviennent hautes à partir du XIVe siècle. Biblioraphie complémentaire : M. Beaulieu / J. Baylé, La mitre épiscopale en France des origines à la fin du XVe siècle, 1976.]

Motif : voir thème

Nouveau Testament : partie de la Bible* qui concerne la vie du Christ et des apôtres selon les livres canoniques.

Orbe (nom masculin) : globe tenu à l'origine par l'empereur et symbolisant son pouvoir sur le monde. D'orgine romaine, il est adopté, surmonté d'une croix, par les empereurs chrétiens de Byzance puis du Saint Empire Romain Germanique. L'orbe fleurdelysé est adopté par les rois de France à l'époque moderne. Les divisions de l'orbe ont correspondu dans le symbolisme médiéval aux trois continents et à la carte en "OT". Dans les mains du Christ-empereur, il symbolise plus probablement l'univers. L'orbe retourné est fréquemment associé aux Jugements derniers.

Parques : divinités gréco-romaines du destin. Les Parcae latines (parcere, "enfanter"), ou Fatae ("Destins") étaient associées à la naissance : Nona (neuvième mois de la grossesse), Decima (Decuma, dixième mois), Morta. Elles ont été assimilées aux Moires grecques (Moirai), qui symbolisent la destinée humaine : Clotho, Lachésis, Atropos. Le nom générique sous lequel nous les connaissons est donc d'origine romaine, et les noms particuliers, ainsi que leurs attributs, d'origine grecque. Clotho, la fileuse (klothô , "filer"), tisse la trame des destinées humaines. Lachésis (lagchanô, "tirer au sort"), souligne leur caractère arbitraire et fortuit. Atropos (a- , préfixe privatif, et trepô , tourner) symbolise l'immuabilité du destin. Elles incarnent le passé (la naissance, la quenouille* de Clotho), le présent (le destin, le fuseau de Lachésis), le futur (la mort, les ciseaux d'Atropos). Elles filent de la laine blanche ou noire, selon le sort qu'elles réservent à chacun. Cette iconographie se fixe à la Renaissance. Les parques ont engendré les trois "fées" (fatae) qui se penchent sur le berceau de l'enfant.

Pectoral : ornement de poitrine (en latin pectus). Le pectoral d'Aaron est celui des grands prêtres d'Israël. Il est carré, large d'un empan et porte douze pierres précieuses dont les noms sont énumérés dans Exode 28, 15-30.

Pensée figurative : Concept proposé par Pierre Francastel, Études de sociologie de l’art, Paris, Gallimard, 1970 (coll. Tel, 1989) : considérant que les images pensent (puisque l'on pense en images), il considère qu'il existe une irréductibilité du langage figuratif au langage verbal. L’œuvre d’art est « un lieu de rencontre entre des esprits, elle est un signe, un signe relais au même titre que tous les autres langages ». Il faut donc analyser la pertinence et la qualité des liaisons internes de l’objet qu’il crée pour comprendre la pensée de l’artiste. Le danger est certes de projeter son propre imaginaire sur l’œuvre d’art, mais « On peut toujours, à partir d’une image, explorer l’imaginaire. Il ne s’agit pas vraiment d’ambiguïté, mais de richesse » (Pierre Francastel, Bruegel, Paris, Hazan, 1995, p. 134). Félix Thürlemann parle de "structure signifiante" lorsque l'oeuvre d'art développe une pensée systématique forte par sa seule structure (oppositions ou parallélismes, métaphores narratives, double mimésis...)

Perizoma (calque latin à proscrire : perizonium) : "pagne" noué autour des reins du Christ. Selon une vision attribuée à saint Anselme, il s'agirait du voile de la Vierge qu'elle a noué autour des reins de son fils dénudé. Dans les représentations les plus anciennes, on peut trouver un subligaculum (fine bande de tissu) ou un colobium (tunique longue).

Phylactère : (du grec phullax, "gardien", phullatein, "protéger") A l'origine, morceaux de papyrus ou de parchemin sur lesquels on inscrivait des prières, des formules magiques, et qui servaient de talismans (pour "protéger" ceux qui les portaient). La pratique a été signalée, et interdite, par les prédicateurs chrétiens de l'époque mérovingienne. Le sens premier subsiste dans l'usage d'appeler "phylactères" les teffilin juifs (versets de la torah inscrits sur des morceaux de parchemin et portés sur le front et sur le bras pour certaines prières). En histoire de l'art, le phylactère désigne le rouleau de parchemin déployé comme une banderole, sur lequel les artistes inscrivent les paroles ou le nom des personnages. Le phylactère est souvent l'attribut des prophètes. Par extension, on appelle ainsi les "bulles" des bandes dessinées.

Polysémie, plurivocité : Termes génériques pour désigner la possibilité d’une lecture plurielle (à l’opposé de l’univocité, de la monosémie) « Polysémie : propriété d’un signifiant de renvoyer à plusieurs signifiés présentant des traits sémantiques communs » (Trésor de la langue française). L'ambivalence est une polysémie dénotative, qui concerne les éléments de description (un élément peut avoir plusieurs significations distinctes) ; l'ambiguïté est une polysémie interprétative, qui concerne les éléments d’interprétation (un élément peut être interprété de deux façons différentes).  L’ambivalence « se distingue de l'ambiguïté, qui concerne l'interprétation des faits et non les faits eux-mêmes »  (Trésor de la langue française). L'alternative « énonce deux choses dont une
seule est vraie »  (Trésor de la langue française).

Préfigure : dans la méthode typologique*, scène de l'Ancien* Testament qui annonce de manière voilée une scène du Nouveau Testament, appelée "figure". Par exemple, Jonas avalé et rejeté par le monstre marin (identifié à une baleine) est une préfigure de la mort et de la résurrection du Christ.

Prophètes : personnages de l'Ancien* Testament qui reçoivent des révélations divines. Les prophètes en principe se distinguent par leur mode de vie et l'onction qu'ils ont reçue, mais de nombreux personnages ont pu être appelés prophètes au sens large. En particulier, on désigne par ce nom les prophètes qui ont écrit des livres regroupés dans l'Ancien Testament. Selon le canon* chrétien, il  y a quatre "grands prophètes" (trois dans le canon hébraïque) et douze "petits prophètes".

Quenouille : tige sur laquelle on pique la touffe de laine à filer ; le fil en est détaché par torsion et enroulé sur le fuseau. La quenouille est un attribut des Parques (et en particulier de Clotho, Lachésis tenant le fuseau et Atropos coupant le fil) et de la Vierge dans certaines Annonciations.

Réserve : voir fond.

Restitutor (celui qui relève) : geste qui consiste à prendre le poignet de celui que l'on relève ou délivre, pour mieux assurer la prise. C'est la "prise des acrobates" pour que les mains ne glissent pas et qu'ils ne risquent pas de se lâcher dans une figure périlleuse. Dans l'art chrétien, c'est le geste du Christ dans l'Anastasis, lorsqu'il délivre Adam des enfers. Ce geste est issu de l'iconographie impériale romaine : c'est celui de l'empereur libérant une ville, et saisissant par le poignet l'allégorie de cette ville.

Révélations : traditionnellement, on distingue trois grandes révélations qui définissent trois modes de vie et trois étapes de la religion : la révélation à Adam (religion patriarcale, "sub Natura", sous la loi naturelle), la révélation à Moïse (religion mosaïque, mode de vie "sub lege", sous la loi des dix commandements), la révélation  par le Christ (religions chrétiennes, "sub gratia", sous la Grâce). Les deux premières appartiennent à l'Ancien Testament et la troisième au Nouveau Testament.

Rois de Juda
: série de rois bibliques comprenant les trois rois du royaume unifié d'Israël (Saül, David, Salomon) et les souverains du royaume de Juda après la division du royaume primitif (royaume d'Israël, capitale : Samarie, et royaume de Juda, capitale : Jérusalem). Comme ancêtres du Christ, les rois du Juda apparaissent sur l'arbre de Jessé. Le lion de la tribu de Juda peut leur être associé.

Roue de Fortune : Représentation médiévale du destin. Dans la Consolation par la philosophie de Boèce  (VIe s.), la Fortune (= le Destin) apparaît au philosophe emprisonné. Elle est comme une roue qui nous élève et nous fait retomber. Cette image, empruntée à la poésie gréco-romaine (Anacréon, Properce), est très populaire au moyen âge. Dans sa version la plus simple et la plus répandue, elle montre la Fortune (allégorie féminine) faisant tourner la roue sur laquelle ont pris place quatre personnages incarnant le futur (regnabo, "je régnerai"), le présent (regno, "je règne"), le passé (regnavi, "j'ai régné") et la mort (sum sine regno, je n'ai plus de règne). Le bandeau sur ses yeux symbolise l'égalité de chacun devant le destin, mais aussi l'inexorabilité de la Fortune, indifférente aux prières des hommes.

Sainte Parenté : représentation de la famille du Christ sur trois générations : ses grands-parents (Anne et Joachim), ses parents (Joseph et Marie), oncles et tantes, et ses cousins. Le thème apparaît au XIIIe siècle et est condamné au concile de Trente (XVIe siècle), car il suppose trois maris successifs à sainte Anne. Ne pas confondre avec la Sainte Famille (ou Trinité terrestre, Trinité humaine, Trinité jésuite...) se limitant à Marie, Joseph et le Christ (thème apparu au XVe siècle et plus répandu depuis).

Salomé : Plusieurs personnages de la Bible et de l'iconographie ont porté ce nom. Il est notamment donné à une des deux sages-femmes qui ont assisté à la Nativité du Christ. Salomé, qui ne croit pas à virginité de Marie, a vu son bras se dessécher. Il a retrouvé ses chairs lorsqu'elle a touché les langes ou le corps de l'enfant Jésus. Dans l'iconographie, elle est évoquée par une femme qui se tient le bras.

Septante : version grecque de l'Ancien Testament, traduite de l'hébreu par soixante-douze traducteurs d'Alexandrie au IIIe siècle av. J.C. Les "septante" traductions différentes se seraient révélées les mêmes, preuve de l'inspiration divine.

Shéol : lséjour des morts dans l'ancien Testament, lieu indéfini sans châtiment ni récompense.

Sibylle : prophétesse antique. Chaque ville ayant voulu "sa" sibylle, on finit par en dénombre dix ou douze. Les livres sibyllins, qui contenaient leurs prophéties, sont perdus, mais des versions judaïsées et christianisées ont circulé. Dans l'art chrétien, les douze sibylles peuvent être représentées selon les thèmes. Les plus fréquentes sont l'Erithréenne (d'Erithrée), associée au Jugement dernier, et la Tiburtine (de Tivoli, en latin Tibur), associée à la naissance du Christ. C'est cette dernière qui a montré à l'empereur Auguste une femme portant un enfant, sur un autel apparu dans le ciel au milieu du soleil. Cette vision permet de la reconnaître.

Support : voir fond.

Stéphaton : (littéralement : "celui qui est autour") : soldat romain qui donne à boire au Christ du vinaigre sur une éponge plantée sur une tige d'hysope (roseau). Il fait pendant à Longin. Le vinaigre (vin aigre) ingurgité correspondant au sang (symbole eucharistique du vin de la Nouvelle Loi) sortant du sang du Christ.

Synagogue : Allégorie opposée à l'Église depuis le IXe siècle. C'est l'assemblée des juifs représentés sous la forme d'une femme aux yeux bandés, tenant les tables de Moïse, une lance brisée, un couteau de circoncision, associée à des animaux négatifs (bouc, âne, porc...).

Sujet : voir thème

Symbole : voir allégorie.

Tartare : dans la mysthologie gréco-romaine, partie la plus profonde de l'enfer, où sont précipités ceux qui se sont révoltés contre les dieux et châtiés ceux qui ont enfreint une loi divine. Distinct de l'Erèbe, ou Adès, séjour des morts dont le souverain est Arès, frère de Zeus.

Testament, alliance, loi : Les trois notions sont souvent confondues, car le "Nouveau Testament" donne une "nouvelle loi" grâce à une "nouvelle alliance". Mais il y a quelques nuances à apporter. Les deux Testaments sont l’ensemble des livres qui correspondent au canon des religions juive et chrétienne. Le canon hébreu ne contient donc que l’Ancien Testament, rédigé en hébreu, et qui ne parle pas de Jésus Christ. Le Dieu de l’ancien Testament n’est connu que par les consonnes de son nom (YHVH), dont la vocalisation, connue des prêtres seuls, est conservée par des indiscrétions grecques (Yahvé). Il est aussi appelé Élohim (nom qui signifie lui-même « les dieux ») : il manifeste donc la volonté de regrouper sous un seul nom et une seule personne toutes les divinités primitives. C’est celui que les chrétiens appelleront Dieu le Père, le Créateur. Les canons chrétiens (orthodoxe, catholique, protestant) y ajoutent le Nouveau Testament, conservé en grec, et qui parle de Jésus Christ (c’est-à-dire de Jésus, le Messie, le grec Christos traduisant l’hébreu Messiah) et de ses apôtres. Le mot hébreu beritalliance ») est traduit en latin par « testament ». On parle donc d’ancienne alliance (avec Moïse) et de nouvelle alliance (par l’intermédiaire de Jésus : ce n’est pas un homme qui s’allie à Dieu, mais Dieu fait homme). Les alliances sont conclues avec un signe, et souvent une transmission : les tables de la Loi, rouleau donné à saint Paul, clés données à saint Pierre… Mais il y a différentes alliances dans l’Ancien Testament : l'alliance noachique (avec Noé, signe = arc-en-ciel), l'alliance d'Abraham (circoncision), l'alliance de Jacob (signe = Béthel)... Par ailleurs, le nouveau Testament commence dans l’ancienne alliance (Joseph et Marie sacrifient au temple). Alliance et Testament ne sont donc pas totalement synonymes. Les alliances correspondent à des lois : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres », dit le Chrtist (Jean 13, 34). Il y a donc une ancienne et une nouvelle loi. Mais l’ancien testament a connu deux lois : la « loi naturelle » (Adam) et la "loi mosaïque" (Moïse). Par ailleurs, l’ancienne loi commence à la prédication du Christ (qui naît dans l’ancienne loi). Jean Baptiste est un prophète de l’ancienne loi dans le nouveau Testament.

Thème, sujet, motif : Le thème est une unité structurelle cohérente. Il a une signification générale, « indépendamment de toute singularité événementielle » (Garnier, 1984). Il peut être universel (le voyage dans l’au-delà) ou propre à une culture spécifique (le jugement dernier est un thème propre à l’art chrétien). Leur liste est le plus souvent fermée.
Le sujet représente des éléments particuliers, situés géographiquement et historiquement (lieux, personnes, événements réels ou imaginaires, faits sociaux…).
Le motif est un élément formel qui ne prend sa signification que dans un sujet ou un thème. Le motif est l’élément de signification de base. Mais il peut lui-même contenir d’autres motifs ou sujets.
*L’enfer est un thème que l’on retrouve dans l’art chrétien et dans les principales mythologies. L’Anastasis (Descente du Christ aux limbes) est un sujet spécifique à l’art chrétien (qui raconte un événement que, selon ses convictions, on qualifiera de réel ou d'imaginaire, d'historique ou d emythique). Il illustre le thème de l’enfer. Différents motifs sont associés à ces thèmes et sujets (portes de l'enfer, Jean Baptiste, Adam saisi par le poignet...).
*La distinction est parfois difficile à établir entre sujet et thème, elle est cependant déterminante. Dans le Moïse de Michel Ange, par exemple, l'interprétation générale, mais aussi des détails (regard, geste de la main...) sera différente si l'on y voit un thème (le personnage de Moïse) ou un sujet (moment où il retient les tables de la loi après un mouvement de colère qui les a laissé glisser, interprétation de Freud).

Théophanie : Apparition de Dieu, et en particulier du Dieu trinitaire (Père, Fils, Esprit). Dans le Nouveau Testament, les deux théophanies canoniques sont le Baptême et la Transfiguration. [Plus largement, on désigne par ce terme les apparitions de Dieu, dans l'Ancien Testament (à Moïse, à Ézéchiel, à Isaïe), dans le Nouveau (à saint Jean dans l'Apocalypse), lors des visions (théophanies eschatologiques ou éternelles), à la fin des temps (théophanie deutéroparousiaque et Jugement dernier)]

Tiare : A l'origine, la tiare est un bonnet oriental qui pouvait être mou (il est alors appelé bonnet phrygien) ou rigide (le plus souvent sous forme de cône tronqué, mais parfois avec une pointe recourbée vers l'avant). La tiare rigide sert de couronne royale dans les royautés orientales. C'est ainsi qu'on peut la trouver, dans l'art grec, sur la tête de Midas (roi de Phrygie) ou d'Orphée (roi thrace). Elle est étendue à bon nombre de peuples "barbares".
En particulier, dans l'art chréétien, coiffure pontificale (dessin) (photo), également attribuée (sans couronne) à des prêtres païens dans l'iconographie. Ce n’est pas une coiffe liturgique : portée pour le couronnement et parfois pour se rendre à la messe. Attestée de 1099 à 1963 (couronnement de Paul VI). Dérivée du bonnet phrygien des rois d’Orient, elle a la forme d'un bonnet pointu et symbolise la puissance temporelle sur les états de l'Eglise. Dès le VIIe-VIIIe s., on parle d’une coiffure spécifique pour les papes (frigium, le mot tiare apparaît en 1099), dont la forme peut se confondre avec celle de la mitre. A partir du XIIe s., la mitre est un bonnet souple et la tiare un bonnet rigide. Elle est maintenue par un bandeau d'or (circulus), qui devient un galon cousu au bonnet et qui se transforme en couronne vers 1278.Une deuxième couronne est ajoutée par Boniface VIII vers 1300. Il y ajoute un cabochon (rubis) qui sera perdu peu après : le support donne l'impression d'une troisième couronne et en 1322, Guillaume d’Occam accuse Jean XXII d’avoir ajouté par orgueil une troisième couronne. Cette roisième couronne sera systématique à partir de Clément VI (1342). Le symbolisme de ces trois couronnes est tardif : souveraineté temporelle sur les États de l’Église, spirituelle sur les âmes, et autorité morale (mixte) sur les rois. Cette triple souveraineté a donné à la tiare le nom de triregnum. Le cabochon perdu est remplacé par une croix. Bibliographie complémentaire : E. Müntz, La tiare pontificale du VIIIe au XVIe siècles, 1898.

Tonsure : Signe caractéristique de la cléricature. Elle apparaît en VIe siècle, mais n'est obligatoire que de 1031(concile de Bourges)  à 1972 (motu proprio de Paul VI). La tonsure désigne la coupe des cheveux, et par la suite la calotte dégarnie sur le sommet du crâne (jusqu'au XVe siècle) ou sur l'occiput (depuis le XVe siècle). La couronne désigne la partie restante de la chevelure et symbolise la victoire spirituelle et la perfection de celui qui la porte. Sa largeur varie selon le degré atteint dans la hiérarchie spirituelle et est fixée par plusieurs conciles. Elle était portée par les moines et par le clergé séculier, dans les ordres mineurs (petite tonsure) et majeurs (grande tonsure). Le type courant est la tonsure de saint Pierre, ou tonsure romaine. Il a existé d'autres types (tonsure de saint Jean, de saint Paul...) dont la forme exacte est encore sujette à discussion. Des tonsures de dérision ont été imposées aux fous; la perte de la couronne (tête complètement rasée) a pu être un signe d'infamie imposé aux débauchés. Bibliographie complémentaire : Louis Trichet, La Tonsure, 1990.

Trente (concile de) : concile qui a préparé la Contre-Réforme (lutte contre les religions réformées). Il s'est réuni à Trente (Italie) entre 1545 et 1563 (avec de longues interruptions). Les directives concernant les images données lors de la XXVe session (1563) ont été développés dans divers livres, en particulier le Traité sur les saintes images de Molanus (Vandermeulen).

Typologie : lecture de la Bible qui voit dans l'Ancien Testament une préfigure du Nouveau. Par exemple, la traversée de la Mer rouge est une préfigure du Baptême. La méthode typologique (allégorique, symbolique, doctrine de la concordance) est une lecture de l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau. L’Ancien Testament préfigure le Nouveau. Il contient des types (ou préfigures) annonçant les thèmes du Nouveau (antitypes ou figures). Cette méthode est issue du Nouveau Testament : le Christ est venu accomplir la Loi, pas l'abolir (Mt 5, 17). Jésus lui-même en donne les deux premiers exemples : le serpent d'airain dressé par Moïse (Jn 3,14) annonce sa crucifixion et le poisson de Jonas annonce sa descente "dans le sein de la terre". Elle se développe dans les milieux d'Alexandrie dès les premiers siècles.

Urceus : récipient contenant le vinaigre dont Stéphaton désaltère le Christ en croix.

Vulgate : version latine de la Bible, traduite par saint Jérôme à la fin du IVe siècle (390-405). La traduction a été plusieurs fois revue depuis le XVIe siècle ("Nouvelle Vulgate").

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Figures

Eglise
Vêtements ecclésiastiques




Eglise
Plan              
Portail


Façade
























Portail :

1. Voussures
2. Archivolte
3. Piedroits
4. Ebrasements
5. Jambage ou piédroits

Eglise :

1. Chapelle axiale (souvent mariale)
2. Absidiole
3. Déambulatoire
4. Jubé
5. Chapelle du transept (ici, orientée)
6. Croisillon nord
7. Croisillon sud
8. Travée (ici, nef à quatre travées)
9. Bas-côté (ou collatéral) nord
10. Bas-côté (ou collatral) nord
11. Porche
12. Portail méridional

Façade :

1. Modillons
2. Gargouille
3. Pinacle
4. Gâble


Vêtements ecclésiastiques

coiffures

Mitres et tiares

Vêtements de messe  Vêtements de choeur

Moines  Aumusse - dalmatique

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