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Dernier livre paru

Parution : 20 février 2019

Extrait
Presse

 Ame du corbeau blanc
Présentation de l'éditeur
Il n’est plus temps de s’inquiéter. Est arrivée l’évidence. Et maintenant ? Repartir de rien ? Non, des enfants ont été protégés. Peu. Sous la garde de quelques adultes. Et puis ? Et puis, il faut de la patience, de l’espoir. La conviction que le niveau de l’acide baissera. Qu’il faudra alors trouver le moyen de franchir ce mur de diamant expansé qu’il leur est interdit d’approcher. Et puis, pour retrouver quoi ? Un discours des origines ?
Lorsque la plume d’un Jean Claude Bologne s’attache à un genre tel celui du roman d’anticipation, on ne peut s’empêcher, face au vertige qui s’empare du lecteur, d’y lire de curieuses prophéties.
Et si nous étions condamnés à manger des corbeaux ?
Et si tout ceci n’était que le rêve éveillé d’un corbeau blanc ?
(Otto Ganz)
Extrait :

          Drôle de rêve, cette nuit. Nous n’étions pas au sommet d’une montagne, mais sur une île, entourée d’eau jusqu’à l’horizon, et c’était la même chose. Nous n’étions pas les rescapés d’un monde détruit, mais des criminels dans une prison. Des menteurs. Les vieux n’aiment pas que les enfants mentent, alors ils nous avaient envoyés ici, derrière une enceinte sans portes, ils nous avaient largués à l’aide d’une machine bizarre, un grand oiseau blanc avec des ailes qui tournent très vite au-dessus de la tête et une hélice au bout de la queue — image très nette : les enfants tombent un à un, jetés comme des paquets par-dessus bord, et les vieux aussi, jetés hors de la machine, et tout cela tombe dans le lac, et nous devons nager jusqu’à la rive.
          Dehors, le monde continuait à vivre tranquillement, le monde était heureux, et l’eau amère n’était pas de l’acide, mais une eau normale, comme celle du lac, mais on nous le faisait croire pour que nous ne tentions pas de nous enfuir. Tout le reste aussi, c’était une légende inventée par Orsant. Il n’y avait pas eu de Catastrophe, quelle preuve nous en avait-il donnée, d’ailleurs ? Nous vivions dans une histoire inventée par Orsant pour nous dissuader de nous enfuir. Et puis, un jour, le grand oiseau à hélice est revenu, et il m’a emmené avec lui, et sur sa tête était écrit un grand mot, « DIEU ». L’homme dans la machine n’avait pas de visage, je pouvais l’appeler papa sans qu’il se fâche. Il me donnait la main pour m’aider à monter. Tout en bas, Maurine m’appelle, je n’entends pas ce qu’elle crie, mais je le comprends aussitôt. Le bas de mon corps le comprend, se tend, me tire vers elle, mais le haut s’accroche à la main, je vais me déchirer, ce n’est pas possible, c’est trop douloureux. Et je sens mon corps qui s’étire, infiniment, j’entends comme un goutte-à-goutte régulier et me rends compte que je suis devenu le puits solaire de l’orphelinat, sans moi ils vont mourir, je transpire mais ne lâcherai jamais la main de mon père. Je me suis réveillé à ce moment-là, trempé de sueur comme si j’avais réellement été le puits solaire, et je ne saurai jamais si l’homme venait me sauver ou me précipiter dans l’acide, si Maurine voulait que je l’emmène avec moi ou que je reste enfermé avec elle.



Presse


Le Carnet et les Instants, 5 avril 2019  : Véronique Bergen
Le Soir, 30 mars 2019 : Pierre Maury
RTBF (Radio), La Première, Jour Première, 19 mars 2019, 9h30-10h : François Heureux.
RTBF (TV), La Trois, Livrés à domicile, 9 avril 2019, 23h, Thierry Bellefroid.
La lectrice à l'œuvre : Christine Bini
RTC, Culture L : 23 mai 2019 Françoise Bonivert
 


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